Faute de subventions suffisantes pour payer les bourses des enfants

Depuis des années, l’Union polynésienne de la jeunesse (UPJ) œuvre pour proposer à chaque période de vacances des activités pour les enfants… Tous les enfants. Mais à quelques jours des vacances scolaires, la possibilité que les enfants, de tous milieux sociaux confondus, puissent participer aux centres de loisirs s’est complexifiée.

La semaine dernière, l’UPJ tenait une conférence de presse pour alerter sur une situation nouvelle due à la conjoncture financière du Pays. Daliana Tchen Lam, vice-présidente de l’UPJ, nous a reçus hier dans les locaux de la Fédération des œuvres laïques pour discuter de ce problème après des approximations publiées dans La Dépêche la semaine passée.

Pour la première fois, la situation financière délicate du Pays pourrait provoquer l’impossibilité pour des enfants de partir dans un centre de vacances. La faute à des caisses épuisées. La Direction des affaires sociales ne pourra attribuer que 126 bourses pour les allocataires du régime de solidarité (RSPF) et 35 bourses pour les enfants des ressortissants du régime des non salariés (RNS). De plus, du côté de la CPS, les financements attribués à plusieurs organismes sont déjà épuisés pour plusieurs associations.

De fait, cette absence de coup de pouces aux familles risque de provoquer un double problème : une rupture d’équité entre les enfants des différentes familles, mais aussi une mise en danger des santés financières des centres de vacances. Ces derniers risquent, en fonction des quartiers, d’enregistrer une baisse conséquente des inscriptions, au point de ne pas pouvoir ouvrir leur structure dans quelques jours. Certains centres, conventionnés avec les mairies ou encore le contrat urbain de cohésion sociale (CUCS) pourront souffrir de ces pertes, mais d’autres n’auront pas les reins assez solides pour supporter le manque à gagner. Ceux-là ont déjà décidé de ne pas ouvrir cette année, une première.

Aussi, l’UPJ a-t-elle récemment tenté de prévenir les parents de cette situation. Chaque ressortissant du RSPF devra se faire recenser et espérer décrocher une des bourses disponibles. Dans le cas contraire, ce sera plein tarif pour les enfants, ou rien du tout pour les familles n’ayant pas les moyens de débourser l’équivalent de 1 500 de Fcfp par jour pendant 15 jours. Ils doivent d’ores et déjà s’organiser pour que les enfants ne soient pas livrés à eux-mêmes pendant cette période.

En effet, à période équivalente, l’année dernière, les bourses pour les centres de loisirs en décembre janvier 2012-2013 ont coûté 15,7 millions de Fcfp à la CPS et 14,3 millions de Fcfp à la Direction des affaires sociales. Cette année, l’argent disponible n’est que de 2,6 millions de Fcfp pour le RSPF, 735 000 Fcfp pour le RNS avec un apport d’un million de Fcfp par le ministère de la Jeunesse et des Sports.

De fait, l’UPJ ne savait hier combien de centres de vacances et de loisirs seront ouverts la semaine prochaine pour accueillir les enfants. Une situation inédite qui va mettre des milliers d’enfants à la rue.

Bertrand Prévost

Source internet : www.ladepeche.pf